Bienvenue à Roussillon un des plus beaux villages de France situé au cœur du plus important gisement d'ocre au monde.
Découvrez un feu d'artifice de couleurs et de lumières dans un écrin de verdure, entre Ventoux et Luberon.

Ce village ne ressemble à aucun autre avec son site grandiose sculpté par l'eau, le vent et la main de l'homme et son étonnante palette de couleurs flamboyantes qui passe du presque blanc, au jaune d'or, rouge sang pour finir au violet foncé.
Découvrez le sentier des ocres qui vous conduira à la "Chaussée des géants" et au milieu des cheminées de fées, vous en verrez de toutes les couleurs...

Roussillon est un lieu magique, un lieu de rendez-vous animés sur la place de la mairie où locaux et visiteurs se retrouvent. Parcourez les ruelles du village, les escaliers pittoresques qui rejoignent les différents niveaux, tous les coins et recoins en contemplant les façades colorées.

Profitez de ce voyage minéral de 110 millions d'années ! et protégez avec nous ce remarquable site classé par le Parc Naturel Régional du Luberon, c'est un site fragile qu'il faut respecter.

Historique

Une formation géologique originale
• Il y a 230 millions d'années, la Provence est recouverte par la mer et le restera pendant une très longue période.
Plusieurs milliers de mètres de sédiments arrachés aux continents alentour s'accumulent au fond des eaux. Ils formeront par la suite les calcaires blancs si caractéristiques de la Provence : mont Ventoux, Luberon, Sainte Victoire, canyon du Verdon, calanques etc.

• Vers -110 millions d'années, la mer s'approfondit. Les sédiments qui se déposent au fond des eaux sont des argiles grises qui viennent recouvrir les calcaires et auxquelles les géologues donneront le nom de " terrains aptiens ".
Puis ce bassin marin étant presque comblé, c'est dans des eaux peu profondes et agitées par les courants que vont se déposer, au dessus des argiles, des sables de couleur verte, c'est la glauconie, petits grains minéraux verts, qui leur confère leur couleur.

• Aux alentours de -100 millions d'années, se produit alors en Provence, un bouleversement important. Après cette longue période de la vie marine, à la suite de mouvements du sol, la Provence se retrouve hors de l'eau.
A cette époque, le climat y est tropical. Des pluies diluviennes lessivent les sables verts fraîchement émergés du nouveau continent, les transformant lentement en sables ocreux, puis en sables blancs, par étapes successives :

  - dissolution, par les eaux de pluie qui circulent en profondeur, de tous les éléments constituant le sable vert, excepté le sable lui-même très résistant.
  - cristallisation à partir de cette " solution " d'autres minéraux, kaolinite et goethite, qui remplissent les vides entre les grains de sable. C'est la naissance des sables ocreux.
  - le lessivage qui se poursuit sur ces sables ocreux évacue l'hydroxyde de fer qui les colore. Ne restent en place que les sables blancs.

En surface, l'hydroxyde de fer se concentre pour former une cuirasse ferrugineuse semblable à celle des latérites africaines.

Quant à la couleur rouge, jaune ou orangée de ces sables ocrés, elle garde encore une partie de son secret.

Bien sûr, on connaît la principale responsable : la goethite, mais par quel mécanisme exact la nature a-t-elle abouti à une telle profusion de teintes ? Cela reste encore à définir.

La légende de Dame Sermonde

Dans des temps lointains, vivaient au château de Roussillon dame Sermonde et le seigneur Raymond d'Avignon. Ce dernier, grand chasseur, délaissait chaque jour sa femme, afin de parcourir les forêts.
S'ennuyant à mourir, Dame Sermonde fut enchantée lorsque un jour, Guillaume de Cabestan, fut engagé pour faire son apprentissage de bon chevalier. Elle se laissa séduire et ils devinrent bientôt amants.
Les familiers du château, se doutant de quelque chose, le rapportèrent à Raymond d'Avignon. Pour essayer d'en savoir davantage, le seigneur invita un jour Guillaume à une partie de chasse et lui posa la question. Pour ne pas trahir dame Sermonde, Guillaume lui dit qu'il était bien amoureux, non pas de son épouse, mais de la sœur de celle-ci, Agnès.

Dame Sermonde, piquée dans son amour-propre et indignée de la conduite de son époux, exigea de Guillaume qu'il avouât tout dans l'une de ses chansons. Guillaume s'exécuta et Raymond d'Avignon, apprenant la vérité, entra dans une fureur noire, et décida de se venger. Au cours d'une partie de chasse, il poignarda Guillaume et lui arracha le cœur.

Raymond d'Avignon revint au château, avec le cœur de Guillaume et demanda à son cuisinier de le préparer afin de le servir à sa femme. Ce qui fut fait au dîner.

Dame Sermonde s' en délecta jusqu'à la dernière bouchée, ignorant l' abominable chose.
À la fin du repas, Raymond lui révéla qu'elle venait de manger le cœur de son jeune amant. Horrifiée, elle déclara : " Seigneur, vous m'avez offert un si bon repas que jamais je ne veux plus en goûter un autre " puis Dame Sermonde s'enfuit hors du château alla en haut du Castrum, et se jeta dans le vide.
Son corps sanglant se répandant sur les terres alentour les colora à jamais d'un rouge flamboyant et une source jaillit là où son corps termina sa course.

L'ocre

L'ocre est utilisée depuis la préhistoire, exploitée depuis l'occupation de la Provence par les romains et est réellement devenue un produit industriel grâce au Roussillonnais Jean-Étienne Astier qui à la fin du XVIIIème siècle, eut l'idée de laver les sables ocreux pour séparer le pigment naturel du sable. Il découvre alors la véritable qualité de l'ocre et sa teinture inaltérable.

L'extraction du précieux pigment commença à l'aide de pics, de barres à mine et parfois à l'explosif.... Les ocriers travaillaient d'abord à ciel ouvert, puis en galeries. Le sol était foré, des centaines de kilomètres de galeries se dessinaient. Six entreprises d'ocre à Roussillon employaient en tout 1 500 ouvriers. L'usine Mathieu (Ôkhra) produisait environ 1000 tonnes d’ocre par an entre 1921 et 1963.

Le sable ocreux une fois extrait était broyé et lavé au jet d'eau. Le sable plus lourd restait sur place et l'ocre pur était entraîné par l'eau et arrivait dans des bassins de décantation pour y être asséché.
Puis les ouvriers découpaient en briquettes le pigment, le menaient au concassage pour qu'il soit réduit en poudre, le triaient par couleurs, le cuisaient s'il fallait donner une couleur plus dense, le tamisaient et le mettaient en sac.

Le développement du chemin de fer facilitait l'exploitation des ocres, les sacs remplis du précieux pigment étaient transportés jusqu'à la gare d' Apt, partaient en direction de Marseille puis étaient chargés sur des bateaux. L'ocre était utilisé par de nombreux professionnels. On retrouvait ce pigment dans : les peintures, les crayons, les produits de beauté, l'alimentaire, le malaxage du caoutchouc, les porcelaines décorées, les textiles... En 1952, l'ère de l'ocre pris fin avec l'arrivée des colorants synthétiques. Aujourd'hui l'ocre naturel demeure pourtant un produit inégalable dans certaines utilisations.

Avec l'exploitation de l'ocre, la main de l'homme a transformé le paysage Roussillonnais, les éléments naturels - l'eau, le vent et les pluies - poursuivent le travail des ocriers avec l'érosion...
Mais, le résultat est tout simplement splendide !
" la chaussée des géants" les "cheminées de fées" et "le val des fées" sont nés et locaux et visiteurs ne se lasse pas d' admirer les falaises couleur or et sang.

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